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Cru, cuit, sec : pourquoi l’état change tous les chiffres
Dans la base officielle suisse, « riz » n’existe pas tout seul : il y a du riz sec et du riz cuit, deux entrées aux chiffres très différents. L’état de préparation fait partie du nom de l’aliment et déplace toutes les valeurs pour 100 g. Voici comment le lire.

L’état fait partie du libellé officiel
Dans la base OSAV, un aliment est rarement désigné par un seul mot. Le libellé précise l’état : le riz blanc sec et le riz blanc cuit à l’eau salée sont deux entrées séparées, chacune avec sa propre série de valeurs. Même principe pour les légumineuses et les légumes.
Ce n’est pas décoratif : le libellé indique à quel produit exact se rapportent les 22 composants publiés. Sur les 1 216 aliments génériques de la base, beaucoup existent en plusieurs états, parfois rangés dans des familles différentes : l’épinard cru figure parmi les légumes frais, l’épinard à la vapeur parmi les légumes cuits. D’où la première règle de lecture : quand vous relevez une valeur, relevez le libellé entier. La liste complète des aliments montre cette convention.
L’eau explique presque tout
Toutes les valeurs sont rapportées à 100 g du produit tel qu’il est décrit. Or une cuisson à l’eau en ajoute, un séchage en retire. Cette eau occupe de la place dans les 100 g sans apporter ni protéines, ni glucides, ni énergie : le reste se retrouve donc plus concentré dans un produit sec, plus dilué dans un produit cuit.
| Pour 100 g | Riz blanc, sec | Riz blanc, cuit |
|---|---|---|
| Eau | 12,3 g | 71,2 g |
| Énergie | 352 kcal | 117 kcal |
| Protéines | 7,4 g | 2,5 g |
| Glucides | 78 g | 25,8 g |
Rien n’a disparu d’une colonne à l’autre : la même matière est répartie dans un poids plus élevé, parce que le grain a absorbé de l’eau. Un chiffre pour 100 g décrit une concentration, pas une quantité.
Lentille sèche, lentille cuite : la même mécanique
La lentille entière sèche contient 9,7 g d’eau pour 100 g, 24,4 g de protéines et 23,2 g de fibres alimentaires. Cuite sans adjonction de graisse ni de sel, elle contient 68,7 g d’eau, 8,8 g de protéines et 8,5 g de fibres. L’énergie suit : 313 kcal contre 111 kcal.
Les fibres alimentaires sont des glucides que la digestion humaine ne dégrade pas. Le repère indicatif retenu ici pour un adulte est de 30 g par jour : 100 g de lentilles sèches en représentent environ 77 %, contre environ 28 % une fois cuites. Les deux chiffres sont exacts, ils décrivent deux produits différents. Le classement des aliments les plus riches en fibres applique la même règle. Pour les repères journaliers d’énergie, le calculateur de besoins affiche sa formule.
Comparer deux aliments : même état, sinon rien
Comparer un aliment sec à un aliment cuit ne dit presque rien de leur composition : cela mesure surtout un écart de teneur en eau.
- Sec avec sec, cru avec cru, cuit avec cuit.
- Le même mode de préparation des deux côtés : à l’eau, à la vapeur, égoutté.
- La même base de calcul : 100 g de produit.
Le comparateur d’aliments place les deux libellés complets côte à côte : un coup d’œil suffit pour vérifier que les états concordent. Même prudence avec les classements : dans celui des aliments les plus riches en protéines, les produits secs et déshydratés occupent le haut du tableau, parce que 100 g de produit sec contiennent plus de matière que 100 g de produit cuit. C’est la conséquence du dénominateur choisi, pas un biais du tri.
Ce que disent les mentions entre parenthèses
Certains libellés portent une précision entre parenthèses : « cuite (sans adjonction de graisse ni de sel) », « à la vapeur (sans adjonction de sel) », « cuit à l’eau salée (sel non iodé) ». Ces mentions décrivent le protocole de préparation retenu par la source, et elles ont deux effets très concrets.
Elles fixent d’abord le sel : « sans adjonction de sel » signale une préparation sans sel ajouté, alors que « cuit à l’eau salée (sel non iodé) » indique l’inverse et précise même le type de sel employé. Elles fixent ensuite les matières grasses : aucune graisse de cuisson n’entre dans la valeur publiée. Si vous faites revenir des épinards à la vapeur dans de l’huile, la ligne « lipides » de la base ne décrit plus votre assiette. La parenthèse est la recette exacte des chiffres.
Quand l’écart ne va pas dans le sens attendu
On s’attend à ce que la cuisson dilue toutes les valeurs. La base montre que ce n’est pas toujours le cas. L’épinard cru contient 91,1 g d’eau pour 100 g, l’épinard à la vapeur 92 g, autant voire un peu plus. Pourtant l’énergie passe de 25 à 31 kcal, le fer de 1,8 à 1,9 mg, tandis que les folates reculent de 94,4 à 74,5 µg.
La base indique l’origine de chaque valeur : A mesurée, E estimée, C calculée selon des règles documentées. Pour l’épinard cru, l’eau, le fer et les folates sont mesurés ; pour l’épinard à la vapeur, ils sont calculés. L’écart entre deux états dépend donc aussi de la méthode retenue par la source : voir la méthodologie. Une valeur absente s’affiche « n. d. ». Aucun état n’est « meilleur » qu’un autre.
