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Glucides, sucres, fibres : ce que la base distingue

La base suisse ne range pas les glucides comme on l’imagine : les fibres y sont comptées séparément, et la ligne « dont sucres » ne s’ajoute jamais au total. Voici ce que chaque ligne contient, et comment lire l’écart entre glucides et sucres sur des aliments concrets.

Triptyque : à gauche des flocons d’avoine et du pain complet, au centre du riz, des pâtes et du maïs, à droite des fruits, du miel et du chocolat

Trois lignes, une hiérarchie officielle

Dans la base OSAV, la ligne « glucides » ne désigne pas tous les glucides d’un aliment, mais les glucides disponibles : pour l’essentiel les sucres et l’amidon. Les sucres forment une sous-ligne de ce total. Les fibres alimentaires occupent une ligne à part : ce sont des glucides non digestibles d’origine végétale, que la base suisse ne compte pas dans les glucides disponibles.

La conséquence est concrète : sur une fiche, glucides et fibres ne se recoupent pas. Pour la banane crue, la base indique 19,7 g de glucides et 2,7 g de fibres pour 100 g : deux quantités distinctes, pas deux manières de compter la même chose.

Les valeurs de référence pour un adulte suivent la même structure : 260 g de glucides par jour, dont 90 g de sucres, et 30 g de fibres comptées à part.

Glucides et sucres : lire l’écart

Quatre aliments suffisent à montrer que les deux lignes ne se superposent pas.

Aliment (100 g)Glucidesdont sucresFibres
Banane, crue19,7 g15,6 g2,7 g
Pomme de terre, épluchée, crue15,6 g0,7 g2,1 g
Riz blanc, cuit à l’eau salée25,8 g0,1 gn. d.
Chocolat noir53,4 g50 gn. d.

Chez la pomme de terre épluchée crue, le total est proche de celui de la banane, mais les sucres n’en forment qu’une part minime : le reste est surtout de l’amidon. Le riz blanc cuit creuse l’écart davantage, avec 0,1 g de sucres pour 25,8 g de glucides. À l’inverse, le chocolat noir affiche 50 g de sucres sur 53,4 g de glucides, à rapprocher des 90 g de la valeur de référence quotidienne. La mention « n. d. » signale une valeur absente de la source, jamais un zéro.

Ce que le mot « dont » veut dire

« Dont » introduit toujours un sous-ensemble. Un aliment à 19,7 g de glucides dont 15,6 g de sucres ne contient pas 35,3 g de glucides : les sucres sont déjà comptés dans les 19,7 g. La même règle vaut pour la ligne « dont acides gras saturés », placée sous les lipides. Additionner une ligne et sa sous-ligne est l’erreur de lecture la plus fréquente.

Second point : la ligne « sucres » est un total. Elle réunit les sucres naturellement présents dans l’aliment et ceux ajoutés à la fabrication ; aucune valeur séparée n’existe pour les sucres ajoutés. Les teneurs les plus élevées de toute la base viennent donc de produits composés presque uniquement de sucre : le sucre blanc, à 100 g pour 100 g, le sucre de raisin à 99,8 g, le sucre roux complet à 97,6 g, le bonbon dur à 95 g.

Les fibres : où la base en trouve le plus

Sur les 1 216 aliments génériques de la base, les teneurs en fibres les plus élevées se concentrent dans des produits secs ou concentrés : l’agar-agar arrive en tête avec 74,1 g pour 100 g, devant le son de blé (45,1 g), le romarin séché (42,6 g), la graine de chia (40,9 g) et l’algue nori séchée (36,3 g). Viennent ensuite le café soluble en poudre (34,1 g), le cacao en poudre non sucré (29,5 g), la graine de lin (26,9 g) et le haricot vert sec (25,3 g).

Toutes ces valeurs s’expriment pour 100 g, la seule base comparable. Mais 100 g de romarin séché ou de café en poudre ne correspondent à aucune consommation réelle. Le classement des aliments les plus riches en fibres donne la liste complète, avec la part de la valeur de référence, et se filtre par famille.

VNR pour les glucides, valeur indicative pour les fibres

Les pourcentages affichés sur ce site rapportent chaque teneur à une valeur de référence pour un adulte. Pour les glucides (260 g par jour) et les sucres (90 g), ces valeurs figurent à l’annexe 10 de l’ordonnance concernant l’information sur les denrées alimentaires (OIDAl) : elles sont réglementaires, et ce sont les mêmes qui servent aux pourcentages des étiquettes suisses.

Pour les fibres alimentaires, cette annexe ne fixe aucune valeur. Le repère de 30 g par jour retenu ici est une valeur indicative : il sert à situer une teneur, sans avoir le statut réglementaire d’une VNR. Ces choix sont documentés dans la méthodologie ; le calculateur de besoins recalcule ces repères, et le comparateur d’aliments met les quatre lignes côte à côte.

Questions fréquentes

Les fibres sont-elles comprises dans les glucides affichés ?
Non. Dans la base suisse, la ligne « glucides » correspond aux glucides disponibles et exclut les fibres, qui ont leur propre ligne. Pour la banane crue, la fiche indique 19,7 g de glucides et 2,7 g de fibres pour 100 g : deux quantités distinctes.
Pourquoi une pomme de terre contient-elle presque autant de glucides qu’une banane, mais très peu de sucres ?
Parce que ses glucides sont surtout de l’amidon. La base donne 15,6 g de glucides et 0,7 g de sucres pour 100 g de pomme de terre épluchée crue, contre 19,7 g et 15,6 g pour la banane crue : total voisin, répartition très différente.
La base distingue-t-elle les sucres ajoutés des sucres naturellement présents ?
Non. La ligne « sucres » est un total : elle additionne les sucres présents naturellement dans l’aliment et ceux ajoutés lors de la fabrication. Aucune valeur séparée n’est publiée pour les sucres ajoutés, ni dans la base OSAV, ni sur les étiquettes suisses.
Pourquoi les fibres n’ont-elles pas de VNR ?
L’annexe 10 de l’OIDAl fixe des valeurs nutritives de référence pour l’énergie, les macronutriments, des vitamines et des minéraux, mais pas pour les fibres alimentaires. Le repère de 30 g par jour utilisé ici est donc une valeur indicative, signalée comme telle.
Cet article explique comment lire des données de composition. Il ne constitue ni un conseil nutritionnel personnalisé ni un avis médical. Pour un objectif précis ou une question de santé, consultez un médecin ou un diététicien agréé.